vendredi 30 mai 2008

« To be or not to be », une matinée avec Hamlet

JOUR 7 - samedi 24 mai.
Toujours pas moyen d’alimenter mon blog, la réceptionniste me dit qu’il y a eu un grand incendie à Copenhague cette nuit (je jure, ce n’est pas moi ! – Tu te rappelles Stéphane, notre arrivée à Berlin une nuit de novembre en 1989, la rue de notre hôtel flambait…) et que cela a perturbé les connexions Internet.
Changement de programme :je n’ai pas le courage de retourner au sud de Copenhague pour prendre le fameux pont sur l’Øresund. Je prendrai un ferry d’ici , de Helsingør (Danemark) à Helsingborg (Suède). Les départs ont lieu toutes les demi-heures et il y a plusieurs compagnies.
Mais avant, retournons au château - selon la légende (cf Histoires tragiques du français Belleforest) - du prince danois Amlet. Le fantôme de son père qui crie vengeance erre sous la forme d’un spectre rouge sur les remparts. Il y a eu plusieurs représentations de la célèbre pièce de Shakespeare dans la cour du château dont l’un des plus célèbres acteurs fut Richard Burton.
L’entrée de la cour (magnifique) est gratuite, la visite de l’intérieur (dont on peut se passer) coûte 95 couronnes danoises (gratuit pour les journalistes). La visite des sinistres casemates sous le château (qui, dit-on, servit de charnier pendant les nombreuses guerres avec le voisin suédois), fait découvrir la statue de Holger Danske qui, selon la légende, était un géant danois fait prisonnier par le roi de France. Obligé de se battre dans l’armée française, il montra tant de bravoure qu’il fut finalement libéré. Il rentra alors au Danemark à pied, s’assied dans le casemates du château Kronborg où il s’endormit pour ne plus se réveiller que quand le pays est en danger.
Mais il est déjà midi et il faut quitter le charmant Danemark pour la Suède. La traversée en ferry ne prend que quelque 20 minutes et coûte 38 euros. Il y a une boutiques free-tax à bord pour les alcools car, malgré le fait que la Suède fait partie de l’Union européenne depuis belle lurette, l’alcool n’est toujours pas en vente libre dans le pays, traditions socialistes paternalistes obligent ! Passage sous le portique « Nothing to declare » de la douane et remonté vers Göteborg sans encombre.
Juste avant l’arrivée de la maison de Clara, toute une colline avec une pinède flambe. Mince alors, j’espère que sera le dernier feu sur ma route ! La petite maison de vacances se trouve dans le célèbre « skærgård » de Göteborg, c’est-à-dire la côte de rochers plats d’ailleurs excellents pour se faire dorer au soleil (qui ne m’a pas fait défaut depuis mon départ de Paris). Je m’installe et descend à pieds vers la mer, une charmante crique qui sert d’amarrage à quelques petits bateaux de plaisance. De nombreux petites cabanes rouges s’agrippent aux rocher, servent-elle aux baigneurs ou pour garder du matériel de bateaux ? Quelques garçonnets tout blonds jouent sur la plage et se baignent déjà. C’est le bonheur : Toute la nature resplendit, cela embaument le lilas, le sorbier oiseleur en fleurs. Le coucou chante. Quant je remonte à la maison, je dérange un daim qui était en train de brouter dans le buisson des lilas.

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