vendredi 30 mai 2008

Le merveilleux voyage de la grand-mère de Nils en Suède…

JOUR 10 - mardi 27 mai

Réveil au son des cloches au monastère de Vadstena. Sten est en effet au poste à 8 heures tapantes. Il me confirme que le marquage est plus avancé en Norvège qu’en Suède. Il connaît d’ailleurs mon cousin éloigné Arne Bakken qui était le premier « prêtre de pèlerinage » à Nidaros dans les années 1990. Il a également écrit plusieurs ouvrages sur cette cathédrale, la plus magnifique et la plus importante en Scandinavie.
Sur ce, je passe en coup de vent à la fabrique de verre soufflé de Vadstena, juste à côté du château, avant de mettre le cap au nord comme le jar domestique entraîné par les oies sauvages dans le « Merveilleux voyage de Nils Holgerson ». Juste avant l’arrivée à Sunne, dans le parc du magnifique domaine de Rottneros (celui de la « Saga de Gösta Berling »), on peut admirer un groupe de sculptures des femmes qui dansent sous les jets d’une fontaine (une image connue de Konserthuset à Stockholm) de Carl Milles, une sculpture du Norvégien Gustav Vigeland (connu pour le célèbre parc du même nom à Oslo), mais aussi une œuvre du Danois Kai Nielsen (que je croyais était uniquement illustrateur pour contes fantastiques) et des sculptures assez érotiques du Suédois Per Hasselberg, etc.
De l’autre côté du lac Fryken, se trouve Mårbacka, la ferme de l’écrivaine Selma Lagerlöf, l’auteur du « Merveilleux voyage de Nils Holgerson ». Il paraît qu’elle avait toujours rêvé d’avoir une grande maison blanche néoclassique (un peu dans le même style que le manoir Rottneros) au lieu de l’adorable petite « stuga » rouge, si typique de la Suède. D’ailleurs, il n’y a pas d’oies dans la grande mare aux canards, seulement un couple de paons dans l’enclos. Je crois bien qu’elle était un peu « stormannsgal » (folie des grandeurs), cette chère Selma, tout comme les propriétaires de Rottneros qui voulaient se rapprocher du roi. Quelle idée de faire un manoir néoclassiques avec une façade à colonnes et un parc à sculptures ici en rase campagne, si loin vers le nord ! Mais, on ne refait pas les Suédois.
J’arrive à 16h30, une demi-heure trop tard pour la visite guide de l’intérieur de la maison. Même si j’argue que je viens de Paris exprès pour visiter cette maison, on me dit que c’est trop tard, il n’y a rien à faire. L’heure c’est l’heure ! Et on ne plaisante pas avec ça en Scandinavie. Arriver 5 min. en retard, ici est très mal vu. Moi, je m’en fous finalement. Il me suffit largement de voir la maison à l’extérieur, de voir dans quelle région elle est située. La nature et les gens ressemblent déjà beaucoup à la Norvège et aux Norvégiens ici dans le Småland.
Puis, je repart vers le Klarälvdal (la Vallée de la Rivière claire) vers la frontière norvégienne, rivière qui est gonflée de la fonte des neiges en montagne. C’est très beau. Je trouver la route secondaire (en terre) qui mène vers la montagne où se trouve le chalet d’alpage transformé en auberge de jeunesse et où j’ai projeté de passer la nuit. La route grime sur la colline, entre les sapinières et les rochers. Je trouve enfin la ferme, mais il n’y a pas un chat. (ou plutôt une chèvre, car c’est une ferme de chèvres). Je redescend et reprend la route, espérant trouver une autre auberge de jeunesse. Il n’y a plus que des campings avec des chalets à louer. Comme il n’y a personne d’autre, on me propose seulement des chalets pour 2 ou 4 (avec le prix en conséquence). En plus, les emplacements n’ont rien de spectaculaire. Je me dit que j’en trouverais certainement un peu plus loin. Que dalle ! Je passe la frontière norvégienne, presque sans m’en apercevoir. La frontière entre la Suède et l’Union européenne est beaucoup plus visible. Ici, il y a juste un panneau disant qu’à un certain liu-dit à quelques km sur une route secondaire, se trouve un bureau des douanes si on à quelque chose à déclarer.
Le soir est déjà bien avancé à mon arrivée à Trysil (célèbre pour ses stations de ski alpin). Là il n’y a que de grands hôtels avec les prix des nuitées en conséquence. Que fais-je ? Où vais-je ? That is the question. Finalement, il ne reste que quelque 200 km pour arriver chez mon frère, à Telneset. Je me dit que je peux toujours dormir quelques heures dans la voiture si le besoin se fait sentir. De toute façon, les nuits sont de plus en plus claires à mesure que j’avance vers le nord. Je suit toujours la Klarälv qui devient la Trysilelv côté Norvégien, et qui vient du lac Femund. Les habitations sont de plus en plus clairsemés, je suis pratiquement seule sur la petite route qui devient complètement féerique dans cette lumière envoûtante de la nuit sur la montagne et qui se reflète dans les nombreuses mares comme autant de petits miroirs qui reflètent le coucher de soleil qui dures depuis 4 ou 5 heures. C’est tellement magique que je m’arrête de nombreuses fois pour prendre des photos. L’horizon se remplit de pics de montagnes couverts de neige et qui rosissent dans l’air cristallin. Tout ça se mirent dans l’eau. Il devient par contre de plus en plus froid de sortir de la voiture. Les arbres n’ont plus de feuilles. Les trous d’eau des tourbières sur le haut plateau se couvrent d’un voile de vapeur. On croirait voir danser les elfes. Il est minuit. Et il ne fait toujours pas noir, seulement cette clarté laiteuse des nuits du Grand Nord.
La route redescend dans la vallée d’Østerdal par Tolga. J’arrivée à destination vers minuit trente, un peu fourbue. J’ai fait plus de 700 km. Heureusement qu'un lit douillet m’attend.

Sur les chemins de la vie, la paix dans l’âme…

JOUR 9 - Lundi 26 mai

L’horloge sur le mur fait tic tac. C’est le seul bruit qu’on entend. Je viens de fermer la fenêtre, car il y a comme une petite fraîcheur dans l’air, même si le soleil toute la journée à encore été éblouissant. Je n’entends plus le chant des oiseaux, nombreux ici sur l’immense lac Vättern. Il est 20h30, le soleil tarde à se coucher.
Je suis complètement seule dans une des ailes du monastère de Sancta-Birgitta (St-Bridget en anglais, Sainte-Birgitta en français) où j’occupe toute un appartement très beau. Pour moi toute seule. Les fenêtres donnent sur le jardin de pommiers (conservation d’anciennes varietés scandinaves) et le jardin de plantes médicinales (dont près d’une dizaine sont toxiques – fallait bien que les sorcières au Moyen Äge aient de quoi pour se faire brûler sur le bûcher). Il règne une paix extraordinaire sur tout ce quartier comprenant l’église du monastère, le musée du monastère, le monastère des moines (reconverti dans un très bel hôtel), le restaurant chic et cher du monastère (qui a dû être le bâtiment des bonnes sœurs), les nouveaux monastère et église des sœurs qui, depuis 1936, ont repris du service. En effet, à la réforme en 1527 en Suède sous Gustav Wasa, l’ordre de Sainte-Birgitta fut interdit (tout comme les Franciscains, les Cisterciens, les Dominicains, etc.).
J’ai un peu de mal à comprendre comment ça marche aujourd’hui. Il y a parfois des messes Taizé qui ressemble plutôt à une secte. Mais tout le monde semble heureux que l’engouement pour les pèlerinages reprenne. En tout cas, au centre de pèlerinage, ils étaient ravis de m’accueillir en raison de mon credential (carte de pèlerin) qui comporte de nombreux tampons de monastères du chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Ils l’ont bien examiné, car ils vont en éditer pour les chemins ici menant à Vadstena et dont certains sont encore en cours de marquage. Ah ! quant je pense à cette pouffiasse de l’office de tourisme situé dans le château de Vadstena (que j’avais pris pour le monastère en arrivant) qui m’avait dit qu’il ne faillait pas compter sur un lit au monastère, parce que « tout est booké depuis des mois ! » Merci Martha, de l’expérience du Camino en Espagne !
Demain, avec un peu de chance, je vais voir Sten un « révérend de pèlerinage » qui pourra probablement m’entretenir de l’avancement du marquage des cheminsS de pèlerinage pour Nidaros (cathédrale de Saint-Olav à Trondheim en Norvège) qui passe par Klarälvdalen, justement le chemin que je vais prendre en voiture pour arriver à la frontière norvégienne.
Par contre, je viens de me rendre compte que j’ai dépassé le célèbre Rökstenen (la plus importante pierre runique de Suède) de quelques dizaines de km. Vais-je rebrousser chemin ? Je demanderai demain si c’est loin ou non. Sur ce, il est 22h30. Il ne fait pas encore noir, mais moi je vais dormiiir. Tic tac, tic tac… Boules Quiès !

Dimanche dans le skärgård suédois

JOUR 8 - 25 mai

J’avais dit à Clara que je ne passerais qu’une nuit dans sa maison, mais ce matin il fait si beau que je m’accorde une journée de repos. Depuis le rocher devant la maison où je prends un bain de soleil en lisant « Un pèlerin sur la mer » de Pär Lagerkvist (mon auteur suédois préféré et que j’ai trouvé dans l’intéressante bibliothèque de Clara), j’entends la radio de la cuisine qui passe la messe en suédois. Cela me rappelle les dimanches de mon enfance…
Dans les albums de photos (que Clara m’avait dit de feuilleter), j’ai trouvé des annotations d’un voyage de noces de ses parents en Norvège l’été 1949 (apparemment, il faisait aussi très beau en juin cet été-là). Ils descendaient la vallée d’Østerdal où je suis née…justement en 49 ! Le soir tarde de s’éteindre. Le chant des oiseaux redouble. J’ai mit un CD de Mozart pour leur faire concurrence. Et, au son d’ une « Petite musique de nuit », je vais me coucher avec Për Lagerkvist.

« To be or not to be », une matinée avec Hamlet

JOUR 7 - samedi 24 mai.
Toujours pas moyen d’alimenter mon blog, la réceptionniste me dit qu’il y a eu un grand incendie à Copenhague cette nuit (je jure, ce n’est pas moi ! – Tu te rappelles Stéphane, notre arrivée à Berlin une nuit de novembre en 1989, la rue de notre hôtel flambait…) et que cela a perturbé les connexions Internet.
Changement de programme :je n’ai pas le courage de retourner au sud de Copenhague pour prendre le fameux pont sur l’Øresund. Je prendrai un ferry d’ici , de Helsingør (Danemark) à Helsingborg (Suède). Les départs ont lieu toutes les demi-heures et il y a plusieurs compagnies.
Mais avant, retournons au château - selon la légende (cf Histoires tragiques du français Belleforest) - du prince danois Amlet. Le fantôme de son père qui crie vengeance erre sous la forme d’un spectre rouge sur les remparts. Il y a eu plusieurs représentations de la célèbre pièce de Shakespeare dans la cour du château dont l’un des plus célèbres acteurs fut Richard Burton.
L’entrée de la cour (magnifique) est gratuite, la visite de l’intérieur (dont on peut se passer) coûte 95 couronnes danoises (gratuit pour les journalistes). La visite des sinistres casemates sous le château (qui, dit-on, servit de charnier pendant les nombreuses guerres avec le voisin suédois), fait découvrir la statue de Holger Danske qui, selon la légende, était un géant danois fait prisonnier par le roi de France. Obligé de se battre dans l’armée française, il montra tant de bravoure qu’il fut finalement libéré. Il rentra alors au Danemark à pied, s’assied dans le casemates du château Kronborg où il s’endormit pour ne plus se réveiller que quand le pays est en danger.
Mais il est déjà midi et il faut quitter le charmant Danemark pour la Suède. La traversée en ferry ne prend que quelque 20 minutes et coûte 38 euros. Il y a une boutiques free-tax à bord pour les alcools car, malgré le fait que la Suède fait partie de l’Union européenne depuis belle lurette, l’alcool n’est toujours pas en vente libre dans le pays, traditions socialistes paternalistes obligent ! Passage sous le portique « Nothing to declare » de la douane et remonté vers Göteborg sans encombre.
Juste avant l’arrivée de la maison de Clara, toute une colline avec une pinède flambe. Mince alors, j’espère que sera le dernier feu sur ma route ! La petite maison de vacances se trouve dans le célèbre « skærgård » de Göteborg, c’est-à-dire la côte de rochers plats d’ailleurs excellents pour se faire dorer au soleil (qui ne m’a pas fait défaut depuis mon départ de Paris). Je m’installe et descend à pieds vers la mer, une charmante crique qui sert d’amarrage à quelques petits bateaux de plaisance. De nombreux petites cabanes rouges s’agrippent aux rocher, servent-elle aux baigneurs ou pour garder du matériel de bateaux ? Quelques garçonnets tout blonds jouent sur la plage et se baignent déjà. C’est le bonheur : Toute la nature resplendit, cela embaument le lilas, le sorbier oiseleur en fleurs. Le coucou chante. Quant je remonte à la maison, je dérange un daim qui était en train de brouter dans le buisson des lilas.

Une journée culturelle au Danemark

JOUR 6 - vendredi 23 mai

Je me suis dit que j’allais rattraper mon retard d’écriture ce matin avant l’ouverture du Musée Viking, mais je retourne dans une boutique de chaussures « Ecco » (très bien d’ailleurs) à côté de la cathédrale et ne peut résister à approfondir ma visite au pas de courses de la veille. Comme c’était peu de temps avant la fermeture, on ne m’avait pas fait payer l’entrée de 25 couronnes, mais qu’on me rappelle ce matin.

C’est une véritable nécropole de rois (Roskilde était la capitale avant qu’elle ne soit transféré à Copenhague), je retrouve l’origine de la photo de la reine Margrete 1 de mes livres d’histoire de classe quand j’étais petite. Elle était en effet également reine de Norvège et de Suède si ma mémoire est bonne. Puis, Harald à la Dent bleue qui christianisa le pays est représenté par une peinture sur le pilier sous lequel se trouve sa tombe. Il y a aussi une peinture murale de Saint-Olav de Norvège. Malheureusement, la chapelle funéraire de Christian IV avec sa statue faite par Bertel Torvaldsen est fermée pour restauration.

Puis, je suis déjà en retard pour le Musée Viking qui n’ouvre qu’à 10 h. L’entrée est de 95 couronnes (que l’on peut payer en euros ou en carte bancaire). Il est bâti autour de 5 bateaux viking datant de 950, et qui ont été coulés volontairement pour obstruer l’un des trois passages dans le fjord. Il a fallu un travail minutieux d’une vingtaine d’années (dans les années 1960) afin d’injecteur un produit dans le bois pour qu’il ne tombe pas en poussières en séchant. C’est joli, on voit la différence entre un « bateau long » (langskip) servant pour les attaques et les knorr et autres drakkars de transport de marchandises. Il y a tout un programme en cours avec des répliques comme le « Havhingsten » (l’Etalon des Mers) fait en Irlande (nouvelle tournée en mer cet été). Mais, il reste peu de choses des 5 bateaux d’origine, et c’est moins spectaculaire que les Bateaux Viking d’Oslo avec Osebergskipet qui avait servi de tombeau d’une femme viking de noblesse, et qui est une pure merveille.

Mais je prend de plus en plus de retard sur mon programme. Heureusement que l’île de Sjaelland (où est située Copenhague) n’est pas grande. Direction sur le quartier périphérique Valby de Copenhague où se trouve la célèbre brasserie Carlsberg. Le portail des Eléphants est toujours là, comme je me l’imaginais. A côté d’un très joli parc (avec une « maison norvégienne » à toit de chaume ! Quelle hérésie ! Ils sont fous ces Danois. Je sais bien que la Norvège n’était jadis qu’une pauvre province danoise, mais tout de même !).

Puis, rebelote pour la maison de Karen Blixen à Rungsted, sur le chemin vers Helsingborg. Heureusement que je suis copine avec la dame du GPS, sinon je n’aurais jamais trouvé. Visite très émouvante dans sa maison qui est resté telle qu’elle était avec les mêmes meubles que quand elle y rédigeait ses « Out of Africa », « Festin de Babette » et autres « Contes gothiques ». On y voit sa bibliothèques avec les auteurs dont elle s’inspirait, sa machine à écrire (une Corona), des pages dactylographiées annotées à la main, son dernier stylo à plume (un Mont-Blanc, svp !). Les terres du domaine est devenu une réserve pour les oiseaux, jolie image de liberté de penser, de voyager, d’aimer… Elle est enterrée dans la petite forêt, sous un chêne séculaire, avec une maison pour les oiseaux fixée sur le tronc.

Bon, assez de vieilleries ! Allons au Musée d’art moderne Louisiana. Une très complète exposition temporaire sur Cézanne et Giacometti. L’endroit est joliment situé au bord de la mer, dans un jardin verdoyant. Le bâtiment en lui-même est très bien conçu, l’espace et la lumière sont excellents car donnant sur l’extérieur dans une architecture très moderne. D’ailleurs, leurs expositions se montent également à l’étranger. Une exposition sur Jean Utzon (celui de l’Opéra de Sydney) s’exporte à Venise cet été.

Enfin (et il est déjà 18heures passées), je met le cap sur Helsingborg. Je n’arrive pas à entrer l’adresse de l’auberge de jeunesse dans le GPS. Me suis-je encore trompée ? Y a-t-il plusieurs villes du même nom ? Mystères et boules de gomme. Avant de comprendre que Ndre Havnegade veut dire Nedre (rue basse) au lieu de Nordre (rue nord). Putains d’abréviations ! Ca ne fait pas rigoler quand on est pressé.

Arrivée à l’auberge en question, d’adorables bungalows blancs très joliment situés en bord de mer. Je sort dans le jardin prendre l’air et, dans le lointain, je vois un magnifique château. Je l’avais oublié celui-là. Kronborg, le château de Hamlet. J’y fonce en voiture pour faire des photos (il est déjà 20 heures), heureusement que le soleil se couche de plus en plus tard à mesure que je monte vers le nord. Entouré de deux immenses douves et autant de murailles défensives, il domine la rade. Est-il aussi inquiétant que dans mon imagination ? Oui et non (cf photo).

Le chemin le plus court vers Copenhague…

JOUR 5 – jeudi 22

Je suis partie très tôt, vers 8h 30 et j’ai foncée vers Flensburg (que j’avais indique à ma copine du GPS, histoire de voir combien de kilomètres avant la frontière avec le Danemark. C’est d’ailleurs le chemin que l’on a toujours pris pour aller en Norvège. Puis quelques dizaines de kilomètres avant Flensburg, j’entre Roskilde afin d’éviter d’entrer dans la ville… Malheur ! La dame du GPS m’indique de retourner vers Lübeck… Je n’y comprends rien. Puis, je m’arrête pour regarder quand même la carte. Bien sûr, le chemin le plus court pour Copenhague, donc Roskilde, est de prendre le ferry à Puttgarden. J’ai dû faire 200 km pour rien ! Mais je suis tout de même contente de prendre un autre chemin qui à partir de Kiel passe par des chemins champêtres pour passer d’île en île avant d’arriver au terminal de ferries à Puttgarden.

Je crois que les départs se font toutes les demi-heures. En tout cas, la traversée prend 45 minutes – juste le temps de manger sur le bateaux, au soleil qui est toujours aussi radieux – et coûte 61 euros pour moi et « Titine ».

Arrivée au Danemark, c’est toujours aussi joli avec de grosses fermes. Puis je reconnais l’église blanche d’Utby au loin - très caractéristique avec son pignon triangulaire hanséatique exactement comme dans le « Merveilleux voyage de Nils Holgersson ».

En possession de l’adresse exacte de l’auberge de jeunesse à Roskilde, ma copine (à nouveau) du GPS m’y amène directement. Celle-ci est situé sur le port de plaisance, juste à côté du Musée des bateaux Viking. Avec toutes ces pérégrinations, c’est déjà l’après-midi, et je fonce à pied, à travers le très joli parc de la ville qui aboutit à la Cathédrale de Roskilde. Je fais un premier tour d’une demi-heure avant que l’église ne ferme.

Au retour sur le port, il y a un petit défilé de motards qui exhibent leurs grosses machines (comme il y a 40 ans )… et j’ai l’impression que la plupart datent de la même époque ! A l’auberge, la réceptionniste me prête gentiment un câble pour que je puisse aller sur Internet autant que je veux. Donc je passe des heures à importer des images sur mon blog. Au retour dans ma chambre, ma compagne de chambrée dorment déjà (je n’ai vu que sa valise sur roulettes), donc pas moyen d’écrire. Elle est partie le lendemain à 5h30.

jeudi 22 mai 2008

Mercredi 21 mai

VOYAGE JOUR 4 - Départ de l’hôtel Martini à Groningen à 8h. Travaux à l’entrée de Bremen. Puisque j’ai pris l’habitude de la « dame du GPS », je me suis complètement trompée. Je suis partie dans des petits chemins forestiers, puis sur un chemin pédestre qui traversait l’autoroute sur un pont suspendu par des filins. Au bout du pont, un homme me dit que le pont se termine par un escalier. J’ai du faire une marche arrière sur un pont fragile et étroit ! J’ai eu peur qu’il ne puisse pas supporter le poids de la voiture. Quelle histoire !

A 11h, Après une nouvelle approche du centre-ville – complètement fermée à la circulation automobile – je me suis mise dans un parking (il y en a plein autour du centre piétonnier). Une galerie marchande couverte de verrières mène vers le centre historique, qui est une vraie merveille. La statue des « Quatre musiciens de Brême » est bien sûr une grande attraction touristique, mais en contournant la Rathaus on tombe nez à nez avec la fameuse statue de Rollon. Elle est aussi grande qu’une maison, mais il à l’ait benêt et il porte une sorte de ceinture de chasteté avec une gente demoiselle dessus… La façade de le Rathaus est une pure merveille avec ses statues, ses scènes galantes, ses mascarons grimaçants... En voyant toutes ces diableries, on comprend aisément l’origine des célèbres comptes des Grimm. Devant la façade donnant vers la St. Petri Dom, deux énormes statues équestres en airain de deux chevaliers inquiétants teutons…

Dans la cathédrale, deux nouveaux cierges brûlent pour Magnar et Monika. Devant celle-ci, en haut des marches, des monstres-lions dévorent des agneau et autres demoiselles. La porte en bronze est composée de scènes en bas-reliefs d’inspiration bibliques. Derrière le Dom, le Jardin Biblique. Une gentille dame m’explique qu’il comporte toutes les plantes citées dans la bible, chacune comportant la référence du verset concerné. Au centre du minuscule jardin, un ancien copain : Saint-Jacques de Compostelle portant une tresse de fleurs nouvellement cueillies.

Départ (14h) pour Lubeck (16h) par des autoroutes tout le long, mais vers Hambourg, des « murs » entiers de camions (scandinaves). Lubeck la hanséatique est enserrée par un canal-douve et on entre par deux des tours restantes et ressemble à une petite ville miniature de poupée. Elle est comme je me l’imaginais – avec ses façades hanséatiques plates en brique rouge, se terminant en triangle – pour mieux faire hisser la marchandise. En effet cette ligue de commerçants du Nord, tenaient toute le nord de l’Europe, la Scandinavie et les pays autour de la Baltique. La place de la mairie comporte des façades étonnantes…La statue (moderne) du diable qui aida (malgré lui) à construire l’église Ste-Marie… La vue de la tour de l’église St-Pierre (toute emplie d’une douce litanie) avec une vue panoramique sur la ville avec l’entrée par la Tour Holstein : « Concordia domis fortis pax » qui veut dire « L’unité fait la force ». J’ai du marcher par les petites ruelles pavées pendant près de 3 heures, admirant les façades et la lumière du couchant qui se reflétait dans les anciens petits carreaux des fenêtres médiévales. Le temps est toujours au beau fixe, un temps de vacances et d’été.

Retour claquée dans la chambre (à 6) de l’auberge juste à côté de la deuxième tour. Une jeune Allemande de Baden-Baden marchant avec son compagnon depuis Flensburg, une Japonaise et une autre indéfinissable (qui ronfle la nuit). Il y a toute une classe d’adolescents qui font une nouba pas possible !

Mercredi 21 mai

VOYAGE JOUR 4 - Départ de l’hôtel Martini à Groningen à 8h. Travaux à l’entrée de Bremen. Puisque j’ai pris l’habitude de la « dame du GPS », je me suis complètement trompée. Je suis partie dans des petits chemins forestiers, puis sur un chemin pédestre qui traversait l’autoroute sur un pont suspendu par des filins. Au bout du pont, un homme me dit que le pont se termine par un escalier. J’ai du faire une marche arrière sur un pont fragile et étroit ! J’ai eu peur qu’il ne puisse pas supporter le poids de la voiture. Quelle histoire !

A 11h, Après une nouvelle approche du centre-ville – complètement fermée à la circulation automobile – je me suis mise dans un parking (il y en a plein autour du centre piétonnier). Une galerie marchande couverte de verrières mène vers le centre historique, qui est une vraie merveille. La statue des « Quatre musiciens de Brême » est bien sûr une grande attraction touristique, mais en contournant la Rathaus on tombe nez à nez avec la fameuse statue de Rollon. Elle est aussi grande qu’une maison, mais il à l’ait benêt et il porte une sorte de ceinture de chasteté avec une gente demoiselle dessus… La façade de le Rathaus est une pure merveille avec ses statues, ses scènes galantes, ses mascarons grimaçants... En voyant toutes ces diableries, on comprend aisément l’origine des célèbres comptes des Grimm. Devant la façade donnant vers la St. Petri Dom, deux énormes statues équestres en airain de deux chevaliers inquiétants teutons…

Dans la cathédrale, deux nouveaux cierges brûlent pour Magnar et Monika. Devant celle-ci, en haut des marches, des monstres-lions dévorent des agneau et autres demoiselles. La porte en bronze est composée de scènes en bas-reliefs d’inspiration bibliques. Derrière le Dom, le Jardin Biblique. Une gentille dame m’explique qu’il comporte toutes les plantes citées dans la bible, chacune comportant la référence du verset concerné. Au centre du minuscule jardin, un ancien copain : Saint-Jacques de Compostelle portant une tresse de fleurs nouvellement cueillies.

Départ (14h) pour Lubeck (16h) par des autoroutes tout le long, mais vers Hambourg, des « murs » entiers de camions (scandinaves). Lubeck la hanséatique est enserrée par un canal-douve et on entre par deux des tours restantes et ressemble à une petite ville miniature de poupée. Elle est comme je me l’imaginais – avec ses façades hanséatiques plates en brique rouge, se terminant en triangle – pour mieux faire hisser la marchandise. En effet cette ligue de commerçants du Nord, tenaient toute le nord de l’Europe, la Scandinavie et les pays autour de la Baltique. La place de la mairie comporte des façades étonnantes…La statue (moderne) du diable qui aida (malgré lui) à construire l’église Ste-Marie… La vue de la tour de l’église St-Pierre (toute emplie d’une douce litanie) avec une vue panoramique sur la ville avec l’entrée par la Tour Holstein : « Concordia domis fortis pax » qui veut dire « L’unité fait la force ». J’ai du marcher par les petites ruelles pavées pendant près de 3 heures, admirant les façades et la lumière du couchant qui se reflétait dans les anciens petits carreaux des fenêtres médiévales. Le temps est toujours au beau fixe, un temps de vacances et d’été.

Retour claquée dans la chambre (à 6) de l’auberge juste à côté de la deuxième tour. Une jeune Allemande de Baden-Baden marchant avec son compagnon depuis Flensburg, une Japonaise et une autre indéfinissable (qui ronfle la nuit). Il y a toute une classe d’adolescents qui font une nouba pas possible !

Mardi - VOYAGE JOUR 3

Départ pour la maison Schröder-Rietveld à 9h30 (je fais des progrès). J’y arrive rapidement et commence à mitrailler la maison – qui me semble un peu grande et je n’y trouve pas grand’chose de Mondrian, à part les portes peut-être… Avant de partir, je vois des carreaux de faïence tapissant tous de dessous d’un passage de niveau – et qui représent les fameuses chaises de Rietveld. Je mitraille encore… et que vois-je de l’autre côté ! La fameuse maison. Je n’avait pas bien écouté la dame du GPS et je me suis arrête un peu plus tôt.

Je me décide finalement à faire la Route des Fleurs, en passant par Gouda qui est sur le chemin. Là-bas, je me gare juste avant la place du marché, sur le bord d’un petit canal (de toute façon il n’y a que ça dans la ville, entourant même la petite place du centre ville). Mais, oh horreur ! comme c’est une ville médiévale, les rues sont petites, et les voitures se garent au bord du canal, sans aucune rambarde de protection. Et ma portière ouvre sur l’eau. Mais, grâce à quelques contorsions j’arrive à contourner les voiture.
Sur la place du marche, j’achète un Gouda fermier (en pensant aux petits-déjeuners de Caro – coucou Caro !), alors que Stéphane m’appelle pour savoir si le GPS marche (coucou Stéphane !). La « Stadhuis » est un bâtiment extraordinaire du XIVe siècle, flanque de celui de « la pesée des Gouda » !

Puis, je continue vers Katwijk am Zee, une adorable villégiature pour familles sur la mer du Nord. Il est déjà 13 heures bien sonnées, et j’emporte mes petites courses sur la plage (saucisses de viande, gouda, pain complet, fraises hollandaises très parfumées et du yaourt fermier). Les « cabines de la mer du Nord » sont là, bien colorées et alignées et par dizaines devant les restaurants de plage. En remontant cette longue plage, je croise un couple de mariés avec leur photographe… C’est complètement surréaliste, les deux demoiselles d’honneur font la roue à plusieurs reprises. On dirait un court métrage d’auteur…

J’entre « Keukenhof » dans le GPS , mais la « dame » me fait monter sur une grande route et, dès que je vois « Panorama de fleurs », j’en sors. Pour me retrouver en rase campagne devant un hangar qui demande une entrée de 10 euros pour voir des tulipes en pots, alors que j’avais espéré les voir en plein champs. Je le redouté bien. La saison est déjà fini. Je continue quand même jusqu’à Keukenhof qui n’est pas très loin, mais là non plus il n’y a rien dans les champs qui s’étirent à perte de vue que de feuilles et des fleurs fanées.

Cela me vexe tout de même un peu, et je décide de prendre la route qui suit l’immense digue Afsluitdijk contre la mer - pour arriver à Groningen. C’est fabuleux ! Cette digue de fermeture du Zuiderzee fait 30 km de long (c’est l’arc tout au nord de la Hollande) et elle a été construite entre 1927 et 1932, un véritable défi pour l’époque qui a permis d’assécher toute une partie du pays. A peu près au milieu, il y a un monument à la gloire des travailleurs, représentés par la statue en bronze d’un ouvrier plié en deux pour soulever des cailloux. L’humanité étant ce qu’elle est, son postérieur – bien exposé par cette sorte de labeur – brille par les attouchements des tourist(e)s… Je n’ai pas pu résister non bon plus.

Avec le temps que j’ai perdu sur la digue, je n’ai aucune chance d’arriver à Dresde avant la nuit. Donc Groningen pourrait faire l’affaire, mais je n’ai pas d’adresse d’auberge de jeunesse. A une station service, il y a une pancarte avec les sévérités à visiter. Je vois une auberge au sud de Groningen, sur un lac. Essayons de faire un remake de celle d’Utrecht. Je tourne pendant plus d’une heure, trouve un « Village de Scandinaves » louant des chalets en rondins comme là-bas, dis ! Mais, c’est fermé les mardis. Rebelote, et retour à Groningen. En quittant le lac, une dernière image idyllique. Un café-restaurant dans une adorable maison tout en dentelle et transparente (c'est-à-dire puisqu’elle comporte des fenêtres sur ses quatre façades, on voit la nature et le lac à travers). Et au coucher du soleil, c’est simplement magique !

A Groningen, je trouve enfin un hôtel, Le Martini, en centre-ville. 80 euros la nuit, mais avec un parking. Il y a bien un ordi pour consulter ses mails (à 7 euros les 45 min !), mais pas d’emplacement pour une clé USB. Sur ce, après deux bières au bar, je vous dis Bonne Nuit !

Le chat qui sauva l’enfant des flots… VOYAGE JOUR 2

Départ de Bruges seulement à 10h bien sonnées. J’ai beaucoup peiné à mettre en ligne le texte. Raison pour laquelle j’avais commencer à le retaper, mais sur un clavier néerlandais, je vous assure que ce n’est pas facile ! Et les photos sont probablement trop lourdes, la deuxième (et les autres) est restée en rade sur l’ordi du Jugenherberge à Bruges… Mais j’y arriverais !

Donc, je suis partie avec ma copine GPS qui m’a amené directement à « Kinderdijk » sans rechigner, à part quelques « Attention, vitesse excessive ! », mais au « centre village », puisque la dizaine des moulins sont réparties dans la natures (ou plutôt sur les polders entre les canaux, en conséquence pas d’adresse précise pour la dame exigeante). Je sors de la voiture, pas de moulins en vu. Un vieil homme me regarde chercher par la fenêtre,derrière le rideau… Heureusement, un charmant chauffeur de bus m’indique le chemin qui suit une digue (les petites maisons par ailleurs adorables sont également regroupées sur les digues). Les champs cultivés des polders sont plus bas que l’eau des canaux (comme à la Nouvelle Orléans, et on se rappelle de la récente catastrophe). C’est assez flippant.

Arrivée sur la digue des moulins de Kinderdijk, j’ai pu monter dans un bateau rudimentaire qui partait faire un tour d’une demi-heure avec des écoliers britanniques. Après, j’ai fait un tour à pied. Il y a des moulins qui se visitent. J’essaierais de mettre en ligne la petite vidéo « son et lumières » qui montre comment ça craque et soufflent là-haut à l’intérieur au sommet.

Mais revenons à nos affaires. Le nom Kinder (enfant) dijk (digue) vient, selon la légende, du fait que pendant la grande inondation qui détruisit pas moins de 60 villages, un chat avait équilibré le berceau d’un bébé qui s’était échoué sain et sauf sur cette digue. Ti-Teuf sera certainement très content de la savoir. Tu le lui diras, Monika ?

Après, on s’est brouillé la dame du GPS et moi. N’ayant pas pris la peine de chercher l’adresse exacte de la Maison Schröder à Rietveld près d’Utrecht, j’ai tout simplement rentré « Rietveld » sur le GPS. Je me suis retrouvé à la campagne, sur des routes tellement petites que deux voitures ne pouvaient plus se croiser, au milieu des vaches et des prés, le tout cerné par des canaux. Au lieu-dit nommé Rietveld, j’entre dans le petit supermarché de l’endroit pour demander mon chemin, mais personne n’a jamais entendu parler de la Maison Schröder. Sales bouseux, va ! Mais bien sûr c’était moi qui m’était emmêlée les pinceaux ! La fin de l’histoire est que c’est la maison Schröder-Rietveld à Utrecht. En effet, la jeune veuve Schröder, passionnée d’art et tout ce qui est bon, se fit faire cette maison extraordinaire pour l’époque (et encore actuellement) par une bel ébéniste au nom de Rietveld.

Alors je me dit qu’il vaut mieux aller au centre-ville d’Utrecht, au moins pour chercher où dormir. Il y a des embouteillages monstres de camions sur l’autoroute, et en ville, les cyclistes sont rois. Je n’avais pas vu autant de vélos au feu rouge depuis Beijng en 1996. Et pour les voitures, c’est pire qu’à Paris ! Plus de place pour rouler. Je rentre alors l’adresse du Hi-Hotel (auberge de jeunesse local) que j’avais pris la peine de noter avant de partir. Flûte ! C’est à l’extérieur d’Utrecht. J’y arrive enfin sur le coup des 18h. Coup de chance ! C’est un adorable manoir en plein champs, décoré dans le style « chevaliers du Moyen-Age », mais avec cette touche de branchitude qu’ont les Néerlandais. Le jeune homme au comptoir (qui m’a indique de suite l’adresse de la Maison Schröder à Utrecht), me trouve un lit dans une chambre de 4 (déjà occupe par une femme et un homme). Comble de luxe pour une AJ : douche et toilettes dans la chambre. Et une vue à tomber par terre sur les champs tellement propres et bien entretenus qu’ils ressemblent à des pelouses. Et des vaches noir et blanches. De l’autre côte de l’AJ, une forêt séculaire avec des sentiers aménagés. Il y aussi une annexe, avec terrasse et pelouses (tondues par deux ânes) et d’innombrables petits canaux romantiques.

J’ai loupé le dîner dans le manoir (servi entre 18 et 19 heures), il faisait tellement beau et j’ai profité pour faire quelques photos. Je n’ai même pas eu le courage de retourner à Utrecht tellement la nature est belle ici. Demain sera un autre jour ! Mais le bar est ouvert, et il servent des salades composées et des soupes chaudes. C’est rempli de « locaux » comme le disent les tourist guides, les Néerlandais semblent être les seules à connaître ce « secret bien gardé ».

lundi 19 mai 2008

Le chat qui sauva l'enfant des flots

L'ordi de l'auberge de jeunesse d'Utrecht ne permet pas de copier des fichiers. Suite au prochain numero.

dimanche 18 mai 2008

VOYAGE JOUR 1

Auberge de Jeunesse – Baron Ruzettelaan 143- Brugge, Belgique. 15,40 euro le lit en chambre de 6. www.hihostels.com

Le 18 mai 2008. France. Départ de Paris à 10h . Je me suis déjà disputée avec la dame du GPS. J’ai foncé vers l’autoroute du Nord à partir de la Porte de Bagnolet sans penser qu’il fallait bifurquer vers la A16 pour Amiens avant la jonction, c’est-à-dire au niveau du Stade de France. Mais elle a pu me remettre dans le bon chemin.
Au lieu de l’ennuyeuse autoroute du Nord, j’ai pu traverser des paysages frais et bucoliques avec des champs de blé et des fleurs de champs… Par moments, j’ai été complètement seule sur la route. Heureusement que Monika m’a donne un petit ours blanc pour tenir compagnie de mon koala qui voyage avec moi depuis l’Australie. Il a même fait toute la Chine, et aussi l’Iran…
Des panneaux signalent que je suis déjà au « pays des cathédrales », celle d’Amiens n’est pas la seule. Arrivée vers midi, Amiens est une petite ville proprette avec des maisons en brique rouge. Des panneaux parlent de « Hortillonnage », probablement un ancien métier, il faut que j’ai vérifie ce que c’est. Il y a tellement d’églises dans cette ville que j’ai pris celle de Saint-Germain l’Ecossais pour LA cathédrale.
Cette dernière est fastueuse, nouvellement rénovée, toute propre. La façade rappelle celle de Nortre-Dame à Paris. Impressionnant relique du crâne de Saint-Jean Baptiste. Le dallage du sol forme une labyrinthe en noir et blanc. L’architecture est d’une légèreté aérienne, le vitraux sont très beaux…J’ai allumé un cierge bleu pour Magnar et vert pour Monika.
En traversant le parc de l’Evéché et du Jardin Gothique, on voit que toute la partie d’habitation entre la cathédrale et le petit canal (petites passerelles sur le canal pour accéder à la porte d’entrée) est en travaux de réhabilitation (ZAC de la Cathédrale). Le tout est charmant ! On pourrait très bien passer toute la journée à Amiens, mais j’ai de la route à faire…

Je me fie entièrement à la dame du GPS sans rien comprendre. Finalement, après de fort jolies routes à la campagne, elle me remet sur l’autoroute vers Lille. Un pauvre terril tout noir se montre déjà à côté de la route, qui me fait penser aux magnifiques pyramides d’Egypte. Traversée de la (ancienne) frontière juste après Baisoux, la bien nommée. La frontière n’est plus signalée que par un panneau d’étoiles européennes, mais il faut quand même ralentir à 30 km/h.
A Tournai, également une petite ville à la campagne, je trouve la cathédrale tout de suite. Et une place de parking tout à côté. Je me suis dit en route que c’est peut-être un peu bête de visiter deux cathédrales coup sur coup, mais elle est d’un tout autre style, plus tassée avec ses tours carrés. Malheureusement, elle est toujours en travaux (qui sont vraiment indispensables !), avec fouilles dans le sous-sol à l’intérieur. En plus, le Trésor est exceptionnellement fermé, et on ne sait pas pourquoi. Ici aussi, la ville est traversée de petits canaux.
Vais-je à Bruges ou non ? (Brugge, Brügge… ah, quand les Français et les Flamands si mettent pour modifier l’orthographe à leur guise !). Allez hop, selon la dame du GPS, ce n’est qu’à 70 km, et sur une bonne autoroute ! On voit facilement par les panneaux routiers qu’on est en pays flamand. D’ailleurs à Bruges, on ne parle plus du tout français. Cela m’a tellement perturbée que j’ai répondu à un SMS de ma sœur Kaia en disant que j’étais bien arrivée ce soir à Bruges… au Pays-Bas !
Toute la petite ville de Bruges, entourée d’un canal et quatre portes fortifiées, est protégée par l’Unesco. La place centrale est aussi belle qu’une… cathédrale !
Bonne nuit tous, il est 23h30. J’ai fait 350 km, plus de 500 photos… et n’en peux plus !

"Avec des cathedrales pour uniques mointagnes'

Depart de Paris a 10h. Je me suis deja disputee avec la dame du GPS. J'ai foncee vers l'autoroute du Nord a partir de la porte de Bagnolet sans penser qu'il fallait bifurquer vers la A16 pour Amiens avant la jonction, c'est-a-dire au niveau du Stade de France. Mais, comme elle est plutot autoritaire, elle a vite fait de me remettre dans le bon chemin.
J'ai alors pu traverser des paysages frais et bucoliques, avec des champs de ble et des fleurs de champs... Par moments, j'etais completement seule sur la route. Heureusement que Monika m'a offert un ours blanc pour le voyage. Il tient compagnie a mon koala qui voyage avec moi depuis l'Australie, et aui a fait toute la Chine et aussi l'Iran.
Des panneaux signalent que je suis deja au 'pays des cathedrales', celle d'Amiens n'etant qu'une parmi les autres. Arrivee vers midi, Amiens est une petite ville proprette avec des maisons de briques rouges. Des panneaux parlent de "Hortillonnage', je ne sais pas c'est que c'est. A verifier... Il y a tellement d'eglises dans cette ville que j'ai pris celle de Saint-Germain l'Ecossais pour LA cathedrale.
Cette derniere est fastueuse, nouvellement renovee, meme trop propre. La facade rappelle celle de Notre-Dame de Paris. Curieux relique : le crane de sain-Jean Baptiste. Le dallage du sol forme un dessin de labyrinthe noir et blanc. L'architecture est d'une legerete toute aerienne. J'ai allume un cierge bleu pour Magnar et un vert pour Monika.

samedi 17 mai 2008

Jour moins 1

Les valises étant bouclées, voyons le plan de voyage :

1er jour France : Paris-Amiens (130 km), visite cathédrale d'Amiens, monument historique / Amiens-Tournai Belgique (135 km),visite cathédrale Tournai, monument historique. Nuit à Bruges (80 km). Total : 345 km.

2e jour Pays-Bas : Bruges-Elshout (185 km), visite Kinderdijk près Rotterdam (ensemble de moulins de 1700). Elshout-Rietveld (50 km), visite maison Schröder près Utrecht (groupe De Stijl des années 1920, précurseur de l'architecture contemporaine).
Peut-être Route des Fromages (Gouda étant entre Kinderdijk et Utrecht), ou encore Delft et la Route des Fleurs, mais il faudra que je revienne sur mes pas, Delft étant sur la côte, au nord de Rotterdam, un peu avant La Haie. La Route de Fleurs : Katwijk, Noordwijk, Lisse-Keukenhof... Il paraît que c'est magnifique selon mon amie Denise (Coucou Denise !). Nuit peut-être à Amsterdam. Minimum : 235 km.

3e jour Allemagne : Rietveld-Bremen (365 km). Visite du centre ville, statue de Rolland (viking norvégien qui fonda la Normandie), et les "Musiciens de Brême" cf conte des frères Grimm... Nuit à Bremen.

4e jour Allemagne : Bremen-Lübeck (180 km). Visite la la ville hanséatique dont l'Altstadt est inscrit au patrimoine mondial. La Ligue hanséatique commandait au Moyen-Age tout le commerce du Nord, Bergen était leur "capitale" en Norvège. Nuit à Lübeck.

5e jour Danemark : Lübeck-Roskilde (445 km). Je ne me rappelle plus s'il faut prendre un ferry entre la Fionie et Sjaelland, l'île sur laquelle est située la capitale danoise... Visite Cathédrale de Roskilde monument historique, (presque tous les rois et reines du Danemark reposent ici), et Musée viking (5 drakkars restés enfouis pendant 9 siècles). Roskilde-Copenhague (35 km). En route, visite de la Brasserie Carlsberg (sud-ouest de Chg) avec son célèbre portail "Eléphants".
Visite à Rungsted maison natale de Karen Blixen (auteure d' "Out of Africa"), et Musée d'art contemporain Lousiana à Humlebaek (Arp, Francis Bacon, Calder, Dubuffet, Max Ernst, Sam Francis, Giacometti, Kiefer, Henry Moore, Picasso, Rauschenberg, Warhol...). Les deux à qq km au nord de Copenhague. Peut-être un crochet jusqu'à Elseneur (50 km), célèbre château Kronborg de Hamlet... Nuit à Copenhague.

6e jour Suède : Copenhague-Göteborg (320 km). Traversée du récent pont sur Öresund (50 km sur le bras de mer entre le Danemark et la Suède, péage 35 euros). Nuit à Göteborg chez Clara (Merci Clara !).

7e jour Suède : Göteborg-Vadstena (240 km). Visite du monastère sur le lac Vättern, de sainte Brigitte (Birgitta : 1303-1373) qui agit pour la fin du schisme et le retour du pape à Rome (qui était à l'époque à Avignon). D'ici, on commence tout juste à marquer les chemins de pèlerinage vers la cathédrale de Nidaros à Trondheim (Norvège), le plus important but de pèlerinage en Scandinavie au Moyen-Age. Nuit à Vadstena.

8e jour Suède : Vadstena-Trysil (510 km). A partir de Karlstad, la route suit la vallée de Klarälvdalen (dont la rivière vient du lac Femund en Norvège).
Visite à Sunne de Maarbacka, la maison natale de l'écrivaine Selma Lagerlöf (celle du "Voyage merveilleux de Nils Holgerson"), et de Rottneros, un parc de sculptures (Carl Milles, Gustav Vigeland...). Peut-être crochet par Sundborn en Dalécarlie pour voir la maison natale de Carl Larsson (celui des charmants dessins de la vie campagnarde suédoise).
Après Sunne, j'ai peur qu'il n'y ait plus âme qui vive... à part des ours, des loups, des lynx qui ont été protégés depuis une cinquantaine d'années, alors que les villageois sont allés travailler en ville. Espérons qu'il y aura des pompes à essence.
Nuit à Ransbysätern, un chalet d'alpage transformé en hôtel, sur le frontière avec la Norvège.

9e jour Norvège : Trysil-Tolga (200 km). Trysil, une des plus importantes stations de sports d'hiver norvégiennes. Après, la toute petite route - que je n'ai jamais prise - passe par Engerdal, Drevsjoe près de la pointe sud du lac Femund, puis Soemaadal, Kaasa et Tolga (que je connais !). Il n'y a plus que 20 km pour arriver à Tynset, chez mon frère Magnar et ma soeur Kaia.

jeudi 15 mai 2008

J - 2

Je viens de recevoir la carte européenne d'assurance maladie (que j'ai demandé à la Sécu il y a une semaine), et la carte des Auberges de Jeunesse qui coûte une dizaine d'euros. Les hôtels dans le Nord, en tout cas en Scandinavie, sont chers. Par contre, la plupart des auberges là-bas sont impeccables et ont souvent des chambres doubles et singles pour ceux qui sont allergiques aux dortoirs. Il est recommandé de réserver, mais puisque je suis libre comme l'oiseau (migrateur), je n'ai pas envie d'avoir un timing à respecter. Je verrai sur place.

Je n'ai pas pris d'assurance supplémentaire pour la voiture, car je viens de me rendre compte que même une assurance Tiers rembourse le remorquage et le rapatriement des personnes à l'étranger. Une assurance annuelle voyage auprès d'Europ Assistance par exemple coûte 147 euros pour la voiture et le conducteur et ne dure que... 3 mois ! Donc si je reste 3 mois en Norvège, je ne serai même pas couverte pour le voyage de retour. C'est complètement stupide. C'est d'ailleurs toujours difficile de s'absenter plus de 3 mois. On est tellement ligoté par les factures (je viens de demander le prélèvement automatique pour toutes) et autres obligations comme la déclaration des impôts, etc, etc.

J'ai fait des photocopies de mon passeport et de mon permis de conduire. J'ai fait virer de l'argent sur mon compte en Norvège (3,50 euros le virement) afin d'éviter des frais de retrait d'argent liquide en dehors de la zone Euro. Le banquier m'a dit qu'il vaut mieux retirer des grosses sommes dans les billetteries, car chaque retrait est facturé par la banque concernée en Norvège, puis il y a le cours de change et les frais camouflés en France...

J'espère récupérer le programme Europe du Nord sur mon GPS qui sera mon seul compagnon de voyage. Je me reposerai sur lui pour suivre la route des monuments historiques inscrites au patrimoine mondial de l'humanité à l'UNESCO.

Il ne reste plus qu'à choisir les vêtements pour la fête de la confirmation de mon neuveu Eric le 31 mai, et pour l'été nordique que j'espère sera très chaud, mais il faut aussi prévoir des "petites laines" au cas où...

Voyage vers le nord

Derniers préparatifs pour le voyage en voiture vers la Norvège en passant par la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède. Le temps de ces vacances de Pâques à Paris a été excellent, jusqu'à 27°C ! Il vaut mieux prendre un peu d'avance sur le bronzage, même s'il paraît que la neige au fond de la vallée à Tynset vient de partir. D'ailleurs dans mon souvenir d'enfance, le printemps n'arrive que vers le 17 mai, date de la fête nationale. Mais cela me permettra de profiter de 2 printemps cette année.